Annonce des Statistiques canadiennes sur le cancer 2007 par la Société canadienne du cancer



    
               Le cancer menace sérieusement les baby-boomers
       Au Québec, une stratégie intégrée doit être mise en place pour éviter
                             une crise du cancer
    

    MONTREAL, le 11 avril /CNW Telbec/ - Première cause de mortalité au
Québec, le cancer continue de progresser au Canada. Les nouvelles Statistiques
canadiennes sur le cancer estiment qu'en 2007, au Québec, il y aura
41 000 nouveaux cas de cancer (159 900 au Canada) et 19 500 décès attribuables
à cette maladie (72 700 au Canada). C'est 2 700 cas et 400 décès de plus qu'en
2006 (6 800 cas et 2 300 décès au Canada).
    "Avec le vieillissement des baby-boomers et l'accroissement de la
population, on s'attend à ce que près de 1,5 million de Québécois
(5,7 millions de Canadiens) développent une forme ou une autre de cancer au
cours des 30 prochaines années et que 725 000(1) d'entre eux (2,7 millions
pour tout le Canada) meurent des suites de la maladie au cours de la même
période(2)", a déclaré le Dr Gilles Pineau, président par intérim de la
Société canadienne du cancer, Division du Québec.
    L'avancée en âge de la génération du baby-boom est donc en voie de
plonger le Québec et le Canada dans une crise du cancer. Selon la Société
canadienne du cancer, il est urgent de mettre en place une stratégie concertée
de lutte contre cette maladie.
    Plus d'une personne sur trois - 38 % des Canadiennes et 44 % des
Canadiens - développera un cancer au cours de sa vie. D'ici quelques années,
ce sera une personne sur deux qui souffrira d'au moins un cancer au cours de
sa vie. On estime aussi que 24 % des Canadiennes et 29 % des Canadiens, soit
environ une personne sur quatre, mourront des suites du cancer(3).
    Partout au pays, les cancers les plus répandus demeurent le cancer du
sein chez les femmes (5 900 nouveaux cas au Québec, 22 500 au Canada) et le
cancer de la prostate chez les hommes (4 2004 nouveaux cas au Québec,
22 300 au Canada). Par contre, le taux de mortalité par cancer du sein diminue
et un plus grand nombre de femmes survivent plus longtemps(5). Chez les
hommes, le taux de mortalité par cancer de la prostate régresse de façon
marquée depuis 1994. Des traitements nouveaux et améliorés, ainsi qu'un
dépistage plus fréquent, expliquent en grande partie la diminution du taux de
mortalité de ces deux cancers.
    En 2007, le cancer du poumon demeure la principale cause de décès par
cancer, aussi bien chez les femmes que chez les hommes : 6 200 au Québec :
2 600 femmes et 3 600 hommes, soit 31 % de tous les décès liés au cancer du
poumon au pays (19 900 décès au Canada : 8 900 femmes et 11 000 hommes). En
25 ans, le tabagisme a régressé beaucoup plus lentement chez les femmes que
chez les hommes. Résultat : le cancer du poumon est désormais la première
cause de mortalité par cancer chez la femme au Québec et au Canada. Fait
nouveau : davantage de jeunes femmes (20 à 44 ans) que de jeunes hommes
reçoivent un diagnostic de cancer du poumon et en meurent(6).
    Le cancer colorectal constitue toujours la deuxième cause de mortalité
par cancer (2 400 au Québec, 8 700 au Canada). Quelque 90 % des cas de cancer
colorectal sont diagnostiqués chez des Canadiens de plus de 50 ans. Le
dépistage par recherche de sang occulte dans les selles peut réduire
l'incidence même du cancer colorectal, car ce test permet de détecter la
présence de sang causée par des polypes précancéreux. Ces derniers peuvent
ainsi être enlevés avant qu'ils ne deviennent cancéreux. Les données
scientifiques estiment aussi qu'on pourrait enregistrer une réduction estimée
à 17 % du nombre de décès par cancer colorectal si 70 % des Canadiennes et des
Canadiens de 50 à 74 ans passaient un test de recherche de sang occulte dans
les selles tous les deux ans.
    Cette année, les aînés des baby-boomers canadiens fêteront leurs
60 ans(7), un âge où les cas de cancer apparaissent fréquemment. Ce phénomène
ira en s'accélérant au cours des prochaines années et transformera
complètement le visage démographique de la société québécoise.
    "Le risque d'être atteint du cancer augmente de façon importante avec
l'âge", a précisé le Dr Pineau. Les estimations pour 2007 montrent qu'au
Canada, 110 900 nouveaux cas - soit 70 % du total - seront diagnostiqués chez
des personnes âgées de 60 ans et plus(8). Quelque 59 600 décès - 82 % du total
- seront enregistrés dans le même groupe d'âge.
    "Il est vrai que les taux d'incidence et de mortalité se sont stabilisés
ou ont diminué pour plusieurs sièges de cancer au cours des 10 dernières
années", a déclaré Mme Marie-Claude Lafleur, directrice des communications de
la Société canadienne du cancer, Division du Québec. Toutefois, Mme Lafleur
note qu'au-delà de la recherche, il reste beaucoup à faire pour lutter contre
cette terrible maladie, notamment :

    
    - ne pas relâcher la lutte au tabagisme (encore responsable de 30 % de
      tous les cas de cancer et de 85 % des cas de cancer du poumon) ;
    - pousser le gouvernement à mettre en place une campagne percutante pour
      mobiliser plus de Québécoises âgées de 50 à 69 ans à participer au
      Programme québécois de dépistage du cancer du sein (mammographie tous
      les 2 ans) ;
    - exiger un programme organisé pour le dépistage du cancer colorectal
      (déjà annoncé en Ontario, au Manitoba(9 )et en Alberta) ;
    - demander la création d'un programme de vaccination contre le cancer du
      col de l'utérus(10) ;
    - sensibiliser la population à faire des choix santé et faire pression
      auprès des instances gouvernementales pour l'application de politiques
      de santé publique (on estime qu'au moins 50 % des cas de cancer
      pourraient ainsi être évités).

    "Le cancer hypothèque lourdement les Québécois et les Québécoises et il
exerce de fortes pressions sur notre système de soins de santé. Près de
350 000 de nos amis, parents et connaissances (1 380 000 Canadiens) ont reçu
un diagnostic de cancer au cours des 10 dernières années et nous craignons
sérieusement que la situation s'aggrave avec le vieillissement de la
population, a ajouté Mme Lafleur. Les données illustrent que les chances de
survie à un cancer sont moindres au Québec qu'ailleurs au Canada. Le Québec
doit se doter de toute urgence d'une stratégie forte et intégrée entre tous
les intervenants impliqués dans la lutte contre le cancer."
    Comme plusieurs autres organismes, la Société canadienne du cancer
revendique la reconnaissance sans équivoque du cancer comme priorité en
matière de santé au Québec. En outre, la Société canadienne du cancer estime
que la qualité de vie et l'équilibre mental des personnes touchées pas cette
maladie doivent être sérieusement considérés et faire partie intégrante de
l'approche globale des soins prodigués en cancer. "Les manifestations de
l'anxiété lors des traitements, les réactions psychologiques, les rapports
avec l'entourage, les moyens à prendre pour composer avec la maladie sont
aussi importants que l'aspect médical et thérapeutique", a conclu Mme Lafleur.
    Au Québec, au cours des 25 prochaines années, le cancer coûtera plus de
210 milliards $ - excluant l'inflation et les coûts du système - en soins de
santé, en assurance salaire et invalidité et en baisse de productivité dans
les entreprises(11).
    Les Statistiques canadiennes sur le cancer 2007 sont compilées, imprimées
et distribuées grâce à la collaboration de la Société canadienne du cancer, de
l'Agence de santé publique du Canada, de l'Institut national du cancer du
Canada, de Statistique Canada, des registres provinciaux et territoriaux du
cancer ainsi que des chercheurs rattachés à des universités ou à des
organismes provinciaux et territoriaux de lutte contre le cancer.

    La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à
caractère communautaire, dont la mission est l'éradication du cancer et
l'amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par cette maladie.
Pour faire un don, devenir bénévole ou en connaître davantage sur le cancer,
les activités et les services de la Société, on peut communiquer avec son
Service d'information sur le cancer, au 1 888 939-3333, ou consulter son site
Web, à www.cancer.ca.

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    (1)  Estimation faite à partir de données qui montrent que le Québec,
         avec 23 % de la population canadienne, enregistre 26 % des nouveaux
         cas de cancer et 27 % des décès.
    (2)  Chiffres émanant du rapport Etablissement du cadre d'élaboration
         d'une stratégie canadienne globale de lutte contre le cancer,
         Stratégie canadienne de lutte contre le cancer, février 2005,
         page 2.
    (3)  "Probabilité d'être atteint du cancer ou d'en mourir" dans
         Statistiques canadiennes sur le cancer 2007, pages 57 et 58, avril
         2007.
    (4)  Le nombre de cas pour les années servant à produire les estimations
         est probablement sous-estimé.
    (5)  Selon un rapport spécial des Statistiques canadiennes sur le cancer
         2007.
    (6)  Le cancer chez les jeunes adultes du Canada, publié par Action
         Cancer Ontario, de concert avec l'Agence de santé publique du
         Canada, septembre 2006.
    (7)  Nés au Canada entre 1947 et 1966, les baby-boomers sont âgés entre
         41 et 60 ans en 2007 selon David K. Foot auteur de Entre le Boom et
         l'Echo (Bien vieillir, volume 11, Numéro 2-3, Juin - Octobre 2005,
         page 5).
    (8)  "Répartition des cas de cancer selon l'âge et le sexe" in
         Statistiques canadiennes sur le cancer 200, page 52, avril 2007.
    (9)  Une première phase d'un programme de dépistage des maladies
         intestinales a été annoncée en janvier dernier et sera mis en oeuvre
         graduellement à l'échelle de la province.
    (10) Un vaccin anti-VPH a été approuvé par Santé Canada en juillet 2006.
         Il procure une protection totale contre les quatre types de VPH
         (6, 11, 16 et 18) qui sont liés à 70 % des cancers du col de
         l'utérus et à 90 % des verrues génitales. Le 19 mars dernier, le
         gouvernement fédéral a fait l'annonce d'un budget de 300 millions $
         (70 millions au Québec) pour la mise en place d'un programme de
         vaccination contre le VPH partout au pays.
    (11) Coalition Priorité Cancer au Québec, étude sur Les impacts du cancer
         sur la collectivité, Forum sur le cancer au Québec 2006.
    




Renseignements :

Renseignements: André Beaulieu Communication, (514) 393-3444; Sophie
Charette, Conseillère principale aux communications, Société canadienne du
cancer, Division du Québec, (514) 255-5151, poste 2401


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