Amputation de l'État et tarifs pour tous : où est la justice pour les femmes,
la classe moyenne et les personnes en situation de pauvreté?

QUÉBEC, le 30 mars /CNW Telbec/ - "Les femmes qui fréquentent les centres de femmes seront outrées des pertes énormes qui s'annoncent dans tous les programmes gouvernementaux, du peu de cas qui est fait de la classe moyenne et des personnes en situation de pauvreté et de l'absence de contribution spécifique exigée des particuliers plus riches et des entreprises. On se dirige carrément vers une philosophie de l'utilisateur-payeur, en contradiction avec la philosophie à l'origine de nos politiques sociales", a déclaré Josette Catellier de L'R des centres de femmes du Québec, à la sortie du huis-clos du budget.

Les femmes constituent la grande majorité des personnes au bas de l'échelle socio-économique. C'est pourquoi le mouvement des femmes a un parti pris évident pour la justice sociale. De concert avec ses nombreux partenaires, L'R des centres de femmes du Québec a réclamé un train de mesures visant une plus grande justice : le plein financement par l'impôt que requièrent des services publics universels; une hausse du salaire minimum et des prestations sociales; l'abolition des catégories à l'aide sociale; un système de taxation basé davantage sur un impôt plus progressif sur le revenu et non sur l'augmentation des tarifs; l'arrêt du détournement dans certains programmes sociaux des pensions alimentaires pour enfants; l'amélioration de l'accès à l'aide juridique; un programme intensif de logements sociaux; l'investissement dans les infrastructures sociales (santé, éducation, groupes communautaires, économie sociale)... "Avec le dernier budget du ministre Bachand, nous sommes loin d'une réponse positive aux revendications du mouvement des femmes et des groupes communautaires", de dire Madame Catellier.

    
    Si on voulait amputer l'État, on n'aurait pu trouver mieux!
    - Réduction des dépenses encore plus fortes que celles annoncées (3,2% à
      2,8%) alors que le Québec a déjà fait preuve de beaucoup de contrôle au
      cours des dernières années ;
    - Gel de la masse salariale jusqu'en 2013-2014;
    - Autofinancement des nouvelles initiatives;
    - Révision de tous les programmes de l'État...

    Tarifs tout azimut :
    - Contribution santé pour tous les adultes à l'exception des ménages à
      faible revenu (25$ en 2010, 100 en 2011, 200 en 2012);
    - Réflexion sur l'instauration d'une franchise en fonction du nombre de
      visites;
    - Augmentation des tarifs d'électricité du bloc patrimonial à compter de
      2014;
    - Augmentation des frais de scolarité universitaire à l'automne 2012...

    Et pour la justice sociale,
    - Un crédit d'impôt pour la solidarité estimé à 174$ par an en moyenne
      pour celles et ceux qui y ont droit;
    - 3000 logements sociaux sur 5 ans alors que l'engagement précédent du
      gouvernement était de 3000 par année;
    - Une faible augmentation des crédits à l'aide financière pour l'aide
      sociale, ce qui ne laisse présager aucune augmentation des prestations
      en dehors de l'indexation et encore moins une abolition des catégories
      à l'aide sociale.
    

Pour finir, un petit spécial Femmes, l'abolition de la Commission de l'équité salariale et le transfert de ses activités à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Qu'est-ce que cela veut dire dans les faits? Vers quels méandres administratifs se dirige l'équité salariale? Qu'adviendra-t-il de nos droits collectifs chèrement acquis?

Ce n'est pas faute de moyens que le ministre Bachand n'a pas envisagé d'autres solutions : il reconnaît que les particuliers ont reçu depuis 2003 des avantages fiscaux qui s'établissent à 5,4 milliards par année, les entreprises ont vu leur fardeau fiscal diminué de 2 milliards, le taux combiné d'imposition pour les entreprises est plus faible que pour la moyenne des pays du G7, le gouvernement québécois a maintenu au cours des dernières années la croissance de ses dépenses à un taux beaucoup plus bas que les autres provinces, le poids du déficit budgétaire par rapport au PIB en 2009 est de 1,6% , de 3,7% pour le fédéral et de 9,9% pour les Etats-Unis, le "choc" démographique dure depuis 40 ans... Comme il le sait mais ne le dit pas, la dette du Québec en rapport avec son PIB est très loin d'être dramatique, si on la compare à celles des autres pays (le ministre prend bien soin de ne la comparer qu'aux autres provinces canadiennes).

Il y a de quoi être outré de ce réalignement que n'a précédé aucun débat politique. C'est la fameuse "réingénirie" apparue sous un autre déguisement. Nous contestons à ce gouvernement le droit d'opérer un virage si lourd de conséquences sans un débat impliquant toutes les citoyennes et tous les citoyens, et pas seulement quelques économistes triés sur le volet pour leur adhésion idéologique à des conclusions déterminées d'avance. Les femmes continueront à se battre pour un État véritablement démocratique, pour une équité dont le ministre ne peut se prétendre le défenseur.

SOURCE L'R des centres de femmes du Québec

Renseignements : Renseignements: Josette Catellier, L'R des centres de femmes du Québec, (514) 876-9965, (514) 527-5811, info@rcentres.qc.ca


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