Amer règlement pour les journalistes du Journal de Montréal

MONTRÉAL, le 28 févr. /CNW Telbec/ - La résolution du conflit dans l'amertume au Journal de Montréal, après 765 jours de lock-out, vient confirmer les craintes exprimées par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). L'effet combiné de la concentration de la presse et de la convergence au sein de Quebecor, couplé à une loi anti briseurs de grève obsolète, ont irrémédiablement faussé la négociation.

Ce nouvel environnement a fait perdre aux journalistes du Journal la plus grande partie de leur rapport de force face à la direction de Quebecor. Il faut pourtant un contrepoids, à l'intérieur même des entreprises de presse, pour faire valoir les valeurs journalistiques et empêcher les appétits commerciaux d'occuper toute la place. Ce contrepoids professionnel nécessaire, ce sont les journalistes.

Ce sont eux qui viennent de perdre et avec eux les autres journalistes du Québec et le grand public.

Le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM) a dû faire de la recherche d'un compromis une priorité dans ce combat inégal.

Les primes de départ, totalisant 20 millions de dollars, permettront à certains journalistes de passer du lock-out à une carrière ailleurs ou à la retraite. Seuls 43 journalistes retrouveront leur emploi, aux côtés d'un maximum de 23 cadres, dans une salle atrophiée désormais privée de près des deux tiers de ses journalistes.

Le conflit au Journal de Montréal a donné lieu à des clivages entre collègues et entreprises de presse. Ce climat malsain a vicié les relations professionnelles. En ce sens, c'est un long processus de réconciliation qui s'amorce. La FPJQ espère que la nouvelle équipe puisse rebâtir les ponts brûlés par un conflit anormalement long, en se soudant autour de l'idéal d'une information de qualité et diversifiée, produite dans le respect des normes déontologiques communes à la profession.

À ce sujet, la fin du conflit offre à Quebecor une nouvelle chance de réintégrer le Conseil de presse du Québec.

Le gouvernement du Québec devrait aussi profiter de cette accalmie pour faire un nécessaire examen de conscience et explorer de nouvelles avenues pour favoriser la diversité de l'information.

Le conflit au Journal est unique dans les annales du journalisme au Canada, mais il pourrait se répéter puisque les conditions restent les mêmes.

En effet, un groupe de presse fortement intégré, qui mise sur une stratégie de convergence tous azimuts, pourra très bien mettre ses journalistes en lock-out et s'abreuver en contenu par l'entremise de ses filiales, comme l'a fait Quebecor avec l'agence QMI. Ce système est rendu possible par le caractère désuet de la loi anti briseurs de grève. Adoptée en 1977, cette loi ne tient pas compte de la dématérialisation du travail en information, un phénomène rendu possible par l'essor des nouvelles technologies.

Si Québec veut sauvegarder l'esprit de cette loi et le principe de l'équilibre dans les rapports de force durant une négociation, il n'a d'autre choix que de la moderniser.

La ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, doit également saisir l'occasion et tenir une nouvelle commission parlementaire sur la concentration de la presse.

SOURCE FEDERATION PROFESSIONNELLE DES JOURNALISTES DU QUEBEC

Renseignements :

Brian Myles, président de la FPJQ, 514 262-2860


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