Agriculture : Jean Garon, Yvon Picotte et Rémy Trudel demandent au gouvernement du Québec de se ressaisir



    QUEBEC, le 25 mai /CNW Telbec/ - Trois ex-ministres de l'Agriculture,
messieurs Jean Garon (1976 - 1985), Yvon Picotte (1990 - 1994) et Rémy Trudel
(1998 - 2001), s'interrogent quant à la réflexion gouvernementale actuelle
autour de l'avenir du monde agricole et demandent au gouvernement du Québec de
"se ressaisir rapidement".
    Rappelons qu'en quelques mois seulement, Québec a demandé aux
agriculteurs de défendre la pertinence de leurs mécanismes de mise en marché,
remis en question les lois et les règlements protégeant le territoire agricole
et proposé d'abolir les programmes d'assurance-stabilisation des revenus
agricoles. De plus, le gouvernement négocie présentement divers accords
commerciaux (Accord sur le commerce intérieur et Accord Québec-Ontario) ayant
un impact direct sur la vitalité du monde agricole.
    Selon Jean Garon, "L'importance que ce gouvernement accorde à
l'agriculture ne va pas dans le bon sens. En choisissant de sacrifier 500
hectares de terres agricoles dans le dossier de l'autoroute 30, je me suis dit
que Québec avait mal fait ses devoirs. En contournant la Loi sur la protection
du territoire et des activités agricoles dans le dossier du terminal méthanier
Rabaska, j'ai ensuite pensé que le gouvernement ramenait le Québec à l'époque
du "Far West". Aujourd'hui, en proposant des assouplissements à la Loi et une
influence plus grande des municipalités dans sa gestion, j'ai maintenant la
conviction que le gouvernement actuel est soit inconscient, soit complètement
désintéressé des enjeux. Dans les deux cas, il y a lieu de s'inquiéter".
    Pour Rémy Trudel, "Ce gouvernement a oublié que La Financière agricole
est une entreprise financière conjointe des producteurs et de l'Etat, chargée
d'administrer les programmes d'assurance, de financement et de gestion des
risques de l'agriculture nordique. En proposant d'abolir, à toutes fins
utiles, l'assurance-stabilisation des revenus agricoles (ASRA), Québec a perdu
de vue son mandat. Moderniser le programme, certainement. Permettre aux
productions non couvertes d'avoir accès à des programmes complémentaires et
adaptés à leurs besoins, sans aucun doute. Mais de là à compromettre l'avenir
des 16 000 entreprises agricoles en les accusant implicitement d'être
responsables des crises qu'a connues le monde agricole ces dernières années,
ça dépasse l'entendement".
    Yvon Picotte, ex-ministre libéral de l'Agriculture, a abondé dans le même
sens. "Sur le fond, je partage les objectifs annoncés par le gouvernement l'an
dernier. Un secteur agricole dont la mission première est de contribuer à
nourrir la population québécoise tout en tirant profit de son plein potentiel
sur les marchés d'ici et d'ailleurs. Un secteur qui tend à être davantage
multifonctionnel et pluriel, hautement professionnel, reposant sur une culture
entrepreneuriale, offrant des aliments sains et respectant les principes du
développement durable. Dans la forme toutefois, je me demande si les gestes
posés ces derniers mois sont véritablement réfléchis et s'ils vont vraiment
dans le sens des objectifs poursuivis. A tout le moins, il y a lieu d'y penser
deux fois avant de saccager plus de trente ans de progrès en agriculture".
    Pour les trois ministres, un changement de cap s'impose, et ce, à très
brève échéance. Pour le président général de l'Union des producteurs
agricoles, M. Christian Lacasse, "Québec agit depuis quelques mois comme si
l'agriculture était l'affaire de tous, sauf des agriculteurs. Toutes les
opinions sont bonnes pour influencer ses décisions, sauf celle de ceux qui en
vivent. Tous les arguments sont valides pour justifier ses projets, sauf le
gros bon sens. Le gouvernement doit comprendre que l'avenir de l'agriculture,
au Québec, ne peut être assuré sans l'adhésion des 43 000 producteurs
agricoles québécois".




Renseignements :

Renseignements: Patrice Juneau, Conseiller aux affaires publiques, Union
des producteurs agricoles, (450) 679-0540, poste 8591, Cellulaire: (514)
702-8591; Source: Eliane Hamel, Directrice des communications, Union des
producteurs agricoles, (450) 679-0540, poste 8235


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