Agir dès maintenant pour favoriser la cohésion sociale par le français



    QUEBEC, le 26 juin /CNW Telbec/ - "Trente ans après l'entrée en vigueur
de la Charte de la langue française, et prenant acte des changements sociaux
en cours ainsi que des inquiétudes largement médiatisées des Québécois, le
Conseil supérieur de la langue française croit que le temps est venu de
proposer une vision d'avenir où le français devient la langue de cohésion
sociale" déclare le président du Conseil, monsieur Conrad Ouellon, dans le
discours présentant un avis remis par son organisme à la ministre Christine
St-Pierre, responsable de l'application de la Charte de la langue française.
    Respectant un engagement pris en mars dernier, cet avis propose une
analyse de la situation linguistique qui montre que la situation de la langue
française au Québec, dans certains domaines, s'est nettement améliorée depuis
l'avènement de la Charte. Toutefois, le chemin parcouru demeure insuffisant
dans d'autres domaines, où il est nécessaire d'agir en priorité :
l'intégration des immigrants et la langue du travail.
    "Deux principes fondamentaux doivent guider les efforts visant à relever
avec succès le défi du développement du français en tant que langue d'usage
public au Québec, particulièrement dans le contexte de l'accueil accru de
nouveaux arrivants. D'une part, l'offre de francisation doit être globale et
n'exclure aucun groupe de personnes; d'autre part, les actions et les moyens
mis en oeuvre doivent être conçus et appliqués de manière concertée par
l'ensemble des ministères et des organismes concernés; ils doivent en même
temps mettre à contribution les autres acteurs sociaux, communautaires,
syndicaux et économiques" affirme le président.
    Le Conseil propose de centrer les actions autour de deux pôles pour
favoriser l'intégration sociale et la francisation : l'école et le monde du
travail. Dans un premier temps, il propose une redéfinition du rôle de l'école
qui, après avoir relevé avec succès le défi de la francisation des jeunes
immigrants, doit s'ouvrir davantage sur sa communauté et devenir un lieu
physique de rencontre pour tous les habitants d'un quartier. Conscient que les
résultats d'un tel changement ne seront pas visibles à court terme, le
président insiste sur la concertation nécessaire à la réalisation de ce
projet : "Pour que l'école puisse véritablement devenir le vecteur de la
cohésion sociale, elle doit s'adjoindre comme partenaires tous les
intervenants qui oeuvrent déjà en francisation, en reconnaissant pleinement
leur expertise ainsi que le travail qu'ils accomplissent déjà dans l'accueil
et l'intégration des immigrants."
    Le Conseil estime en outre que le monde du travail constitue un autre
lieu fondamental pour favoriser l'intégration sociale et la francisation des
nouveaux arrivants. "Une intégration sociale réussie en français n'est
possible que si les nouveaux arrivants retirent des bénéfices tangibles de
leur connaissance de la langue d'usage public, que si la langue française leur
permet d'améliorer leur sort et d'avoir accès à un emploi intéressant, où
leurs compétences sont mises à profit." De l'avis du Conseil, la somme de
travail à faire pour améliorer l'usage du français au travail est importante
et les efforts doivent porter sur l'accès au marché du travail pour les
immigrants et les membres des communautés culturelles, ainsi que sur une offre
de travail en français ou sur le français, langue du travail.
    S'appuyant donc sur l'école et le monde du travail, le Conseil énonce une
série de vingt recommandations qui visent la promotion de la langue française.
"Plus particulièrement, il développe l'idée que l'intégration sociale en
français des immigrants est indispensable au développement d'une société
francophone en Amérique du Nord, au Québec. A l'importance qu'on accorde à
l'immigration pour l'avenir du Québec doit correspondre un effort de même
niveau de l'Etat québécois pour l'aboutissement de ce projet social" conclut
M. Ouellon.
    Le texte complet de l'avis est accessible sur le site Internet du Conseil
au www.cslf.gouv.qc.ca. Une étude de Paul Béland intitulée Langue et
immigration, langue du travail : éléments d'analyse est également publiée en
soutien à la lecture de l'avis.
    -%SU: CLT,SOC
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Renseignements :

Renseignements: Marie-Andrée Mill, (418) 643-2956,
marie-andree.mill@cslf.gouv.qc.ca; Source: Conseil supérieur de la langue
française


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