Afghanistan - Quatrième semaine de détention pour le journaliste Adjmal Nasqhbandi et hommage à son collègue assassiné Sayed Agha



    MONTREAL, le 26 mars /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières réitère son
appel à la libération d'Adjmal Nasqhbandi, le guide afghan de Daniele
Mastrogiacomo de La Repubblica, qui vient d'entamer sa quatrième semaine de
détention dans le sud de l'Afghanistan. Des appels en sa faveur ont été lancés
en Afghanistan et en Italie. L'organisation rend également hommage à Sayed
Agha, le chauffeur du reporter italien, dont le corps n'a toujours pas été
rendu à la famille.
    "Rien ne justifie la détention d'Adjmal Nasqhbandi et le refus de rendre
le corps de Sayed Agha. Dans cette affaire dramatique, il est évident que les
taliban ont déjà obtenu beaucoup. L'attitude du mollah Dadullah, qui a menacé
de kidnapper d'autres journalistes, va à l'encontre de certains engagements de
dirigeants taliban vis-à-vis de la presse. Nous condamnons les actes et les
propos du mollah Dadullah qui menace gravement les journalistes afghans et les
reporters étrangers travaillant dans le sud du pays", a affirmé
l'organisation.
    Détenu depuis le 5 mars, Adjmal Nasqhbandi, journaliste afghan de 25 ans,
est toujours aux mains des hommes du mollah Dadullah. Celui-ci a confirmé au
journaliste pakistanais Rahimullah Yousafzai qu'il était toujours détenu,
précisant que le "gouvernement Karzai était seulement intéressé par
l'Italien". Des porte-parole des taliban ont exigé du gouvernement afghan de
nouvelles libérations en échange de celle d'Adjmal Nasqhbandi.
    Selon certains témoignages, le journaliste et le directeur de l'hôpital
"Emergency", Rahmatullah Hanefi, pourraient être détenu par les forces de
sécurité afghanes. Daniele Mastrogiacomo avait affirmé après sa libération que
son traducteur avait été libéré, le 18 mars, en même temps que lui, mais placé
dans un véhicule différent. Par ailleurs, un chef taliban a déclaré à un
journaliste afghan que s'il voulait des nouvelles d'Adjmal Nasqhbandi, il
ferait mieux de les demander au gouvernement de Kaboul. Reporters sans
frontières demande au gouvernement afghan de répondre à ces accusations.
    Le 23 mars, Daniele Mastrogiacomo et le directeur de La Repubblica ont
lancé un appel à la libération d'Adjmal Nasqhbandi dont le portrait va être
affiché sur les murs de la mairie de Rome. En Italie, l'organisation de
journalistes "Quatrième pouvoir" (www.quartopotere.org) a demandé, le 25 mars,
la libération du guide afghan. A Kaboul, l'un de ses frères a lancé un appel à
sa libération, affirmant n'avoir reçu aucune information de lui, sauf un
message vidéo, daté du 12 mars, dans lequel Adjmal Nasqhbandi affirme aller
bien et avoir été arrêté pour être "entré sans autorisation dans une région
des taliban".
    Par ailleurs, les hommes du mollah Dadullah ont exigé la libération d'un
chef taliban, le mollah Janaan, en échange du corps de Sayed Agha, le
chauffeur de Daniele Mastrogiacomo, égorgé après avoir été reconnu coupable
d'espionnage. Des membres de sa famille qui s'étaient rendus dans le village
de Garmseer (province d'Helmand) pour récupérer le corps, ont été interpellés
et refoulés par des taliban. Agé de 25 ans, Sayed Agha travaillait
régulièrement avec des journalistes étrangers dans la province d'Helmand. Il
avait déjà été le "fixeur" et le chauffeur du reporter Tom Coghlan du
quotidien britannique Daily Telegraph.
    Ce dernier lui a rendu hommage : "Sayed Agha était un jeune homme fin,
réactif et poli. Il était impossible de réaliser des interviews sans l'accès
que ses origines tribales lui permettaient. Mais ce travail comporte un grand
risque. Sa volonté de prendre ce risque est quelque chose de difficilement
compréhensible. Je peux imaginer qu'il trouvait cela excitant, et à l'opposé
de la plupart des habitants du sud de l'Afghanistan, il devait avoir un
intérêt ou une attirance naive pour travailler avec les "infidèles" étrangers.
Mais alors qu'un journaliste accepte ce danger tout en ayant la possibilité de
se replier en sécurité à Kaboul, pour les hommes comme Sayed, être connu comme
quelqu'un qui travaille avec les étrangers est un danger permanent pour leur
vie. Sayed savait tout cela, mais il n'a jamais refusé de répondre à mes
questions. Quand, par exemple, nous avons suivi pendant une journée une équipe
d'éradication du pavot, c'est seulement en fin de journée qu'il m'a dit qu'il
redoutait que son véhicule soit maintenant inutilisable dans ce district car
suspecté de liens avec le gouvernement. Dans les zones rurales de l'Helmand,
peu de visages étrangers échappent aux habitants. Ses forts liens tribaux et
ses relations personnelles avec des groupes de taliban offraient une forme de
protection. Mais comme il l'admettait lui-même, si les gens puissants nous en
voulaient, il ne pouvait plus rien faire. Malheureusement, ce furent les
mauvais qui le prirent lui et Daniele Mastrogiacomo et son traducteur, il y a
deux semaines. Le mollah Dadullah Akhund est le plus célèbre et le plus
redouté des commandants taliban opérant dans le Sud. Il a été comparé à Abu
Musad Al-Zarqawi en Irak pour ses opinions extrémistes, sa sauvagerie de
psychopathe et son égocentrisme. Pour mieux comprendre la personnalité de
Dadullah, il faut se rappeler que le mollah Omar l'avait renvoyé du poste de
commandant des taliban à Bamiyan en 1998 en raison de son comportement
vis-à-vis des chiites. Il les considérait comme des hérétiques. Dadullah et sa
cohorte ont choisi de libérer Mastrogiacomo, ce qui était une excellente
nouvelle. Mais malgré les efforts des amis afghans et de la famille de Sayed
pour tenter de le faire relâcher, les taliban ont choisi de l'égorger vendredi
dernier."
    Le 19 mars dans l'après-midi, Daniele Mastrogiacomo a retrouvé la liberté
dans la province d'Helmand après avoir été enlevé le 5 mars. La libération du
journaliste a été obtenue en échange de celle de cinq taliban, notamment un
frère du mollah Dadullah.




Renseignements :

Renseignements: Emily Jacquard, Responsable de la section canadienne,
Reporters sans frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Fax: (514)
521-7771, rsfcanada@rsf.org

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