Afghanistan - Le Conseil des Mollahs demande la peine de mort contre le journaliste Sayed Perwiz Kambakhsh, détenu depuis 3 mois



    MONTREAL, le 17 janv. /CNW/ - Reporters sans frontières est très
préoccupée par les pressions exercées par des religieux conservateurs sur les
autorités dans l'affaire du jeune journaliste Sayed Perwiz Kambakhsh, détenu
depuis fin octobre 2007. Il est accusé de blasphème et d'avoir "véhiculé des
propos diffamatoires".
    "Les appels à la peine capitale contre ce journaliste du nord de
l'Afghanistan rappelle l'influence croissante des groupes fondamentalistes sur
le débat intellectuel. Les accusations de blasphème contre l'islam cachent mal
la volonté des autorités locales de porter atteinte à la liberté de la
presse", a affirmé Reporters sans frontières.
    Sayed Perwiz Kambakhsh, reporter du Jahan-e Naw ("Le Monde nouveau"), est
emprisonné depuis le 27 octobre 2007. Le procureur lui reproche d'avoir
"véhiculé des propos diffamatoires" à l'encontre de l'Islam. Le journaliste
détenait chez lui des écrits sur la place des femmes musulmanes dans la
société.
    Contacté par Reporters sans frontières, son frère Sayed Yaqub Ibrahimi,
qui est également journaliste, a déclaré que l'arrestation de son frère était
illégale : "Toute affaire de presse doit d'abord passer devant la Commission
d'évaluation des médias, avant d'être traduite en justice. De plus, la justice
n'a été consultée par le procureur qu'après le Conseil des Mollahs, qui a
demandé la peine de mort pour insulte envers des textes sacrés."
    Après l'échec de négociations avec les autorités, les journalistes de la
région de Balkh ont finalement rendu publique l'incarcération de leur
collègue. Ils ont appelé à sa libération dans une lettre envoyée au président
de la République, Hamid Karzai. Deux jours plus tard, le Conseil des Mollahs a
mis en garde les autorités contre la libération du journaliste.
    Par ailleurs, Reporters sans frontières est très préoccupée par le sort
de Ghows Zalmay, un ancien journaliste qui était devenu le porte-parole du
procureur général, détenu pour avoir publié une traduction du Coran d'arabe en
dari. Il a été arrêté début novembre après des plaintes de religieux
conservateurs qui l'accusent d'avoir fait imprimer une "traduction non
islamique", notamment de versets qui concernent l'adultère et la mendicité.
Des parlementaires ont même accusé Ghows Zalmay d'être "pire que Salman
Rushdie".
    Les journalistes afghans doivent faire face aux menaces et aux pressions
des religieux fondamentalistes qui tentent d'empêcher tout débat sur l'islam
et le statut des femmes. Les pouvoirs publics ont régulièrement pris des
décisions contraires à la liberté d'expression sous le prétexte de protéger le
caractère islamique de l'Afghanistan.
    Reporters sans frontières appelle la communauté internationale à
intervenir auprès du gouvernement afghan pour que Sayed Perwiz Kambakhsh et
Ghows Zalmay soient libérés.




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Télécopieur: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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