Affaire Villanueva: la Ligue des droits et libertés se retire de l'enquête du coroner et réclame une commission d'enquête publique



    MONTREAL, le 13 mai /CNW Telbec/ - Ayant reconsidéré sa position, la
Ligue des droits et libertés a décidé de se retirer de l'enquête Sansfaçon.
Elle réclame plutôt que le gouvernement mette en place une commission
d'enquête publique pour comprendre davantage ce qui a été révélé par les
évènements de Montréal-Nord. Cette commission devra questionner les pratiques
policières dans les quartiers tels que Montréal-Nord, notamment le profilage,
l'impunité policière et la lutte aux "gangs de rue", mais elle devra également
analyser les actions gouvernementales pour améliorer la situation des
habitants des quartiers défavorisés qui sont en fait les victimes d'une
exclusion sociale systémique.
    Dès le mois d'août dernier, la Ligue demandait une enquête publique large
qui questionnerait, en plus des pratiques policières, les actions
gouvernementales visant à résoudre les problèmes socio-économiques vécus dans
des quartiers tels que Montréal-Nord.
    Lors des audiences préliminaires de l'enquête Sansfaçon tenues le 8 avril
dernier, la Ligue a déposé une requête demandant au coroner d'interpréter son
mandat de façon généreuse. Elle visait à s'assurer que l'enquête porte non
seulement sur les causes immédiates du décès de Fredy Villanueva, mais aussi
sur l'ensemble des circonstances, qui comprend les pratiques de profilage,
l'impunité policière et l'impact sur les relations avec les citoyens de la
stratégie policière contre les "gangs de rue".
    Le coroner Robert Sansfaçon a refusé de donner des garanties quant à
l'examen de ces questions, alors qu'il aurait pu le faire. Néanmoins, la
démarche n'était pas vaine puisque le coroner a les pouvoirs suffisants pour
mener lui-même l'investigation sur ces questions. "La requête de la Ligue
avait cette forme : elle suggérait au coroner les objectifs que son enquête
doit poursuivre en lui proposant des questions", rappelle Denis Barrette,
avocat de la Ligue dans ce dossier.
    De plus, le ministre n'a pas tenu parole : la famille et les jeunes
n'auront pas de représentation payée. Ils se sont retirés. "En demeurant à
l'enquête, il faudrait les interroger alors qu'ils sont forcés de participer,
et assister à leur interrogatoire sans pouvoir les soutenir. C'est une
position intenable", ajoute Philippe Robert de Massy, également avocat de la
Ligue. Sans représentation pour les jeunes, il est à craindre que les avocats
des policiers ne cherchent à les dépeindre de façon très négative afin de
justifier l'intervention policière, comme ce fut fait pendant les audiences
préliminaires. Dans ce contexte, l'enquête risque d'accroître les tensions
plutôt que de les apaiser.
    "Sans garanties du coroner, nous craignons de passer beaucoup de temps à
surveiller l'enquête sans qu'au final, les questions qui importent ne soient
abordées. La mort de Fredy Villanueva est dramatique. Elle n'est
malheureusement pas la seule à soulever des questions sur les relations entre
la police, les jeunes et les minorités et à mettre en cause l'action
gouvernementale tant à l'égard de ces questions qu'en ce qui concerne les
conditions socio-économiques des personnes concernées", affirme Nicole Filion,
coordonnatrice de la Ligue.
    Une commission d'enquête publique devrait permettre d'aborder plus à fond
les relations entre les policiers, les jeunes et les minorités, en tenant
compte des recommandations déjà formulées dans le cadre d'autres commissions
d'enquête, dont la Commission Bellemare. Elle devrait surtout permettre de
questionner l'action gouvernementale dans ces quartiers, où la répression
s'ajoute à la discrimination systémique. "L'enquête du coroner permet aux
autorités politiques de renvoyer le problème dans un forum restreint sans s'y
attaquer de front. En rédigeant le mandat d'une commission d'enquête publique,
le gouvernement devrait avoir le courage de faire examiner son intervention
dans les quartiers défavorisés", affirme Nicole Filion.
    Par ailleurs, la Ligue continuera d'exiger que les frais de
représentation des jeunes présents le 9 août 2008 et de la famille soient
assumés par les pouvoirs publics et elle restera vigilante quant au
déroulement de l'enquête du coroner.




Renseignements :

Renseignements: Thomas Chiasson-Le Bel, responsable aux communications,
(514) 715-7727, (514) 849-7717, pt 424


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