A l'aube du premier juillet, des locataires victimes d'éviction se racontent...



    MONTREAL, le 17 juin /CNW Telbec/ - Le Regroupement des comités logement
et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a convoqué la Presse ce matin
afin de faire entendre le témoignage de locataires victimes de reprises de
logement en 2009. Le RCLALQ voulait illustrer le fait qu'il soit difficile de
conserver un logement abordable dans les quartiers centraux de Montréal. De
plus, l'organisme revendique de meilleures indemnités pour les locataires
évincés et rappelle le déni de justice pour les locataires qui doivent
attendre 18 mois pour obtenir une audience lorsque la reprise de logement
était de mauvaise foi.
    Le RCLALQ rappelle que le nombre de reprises de logement demeure élevé.
En 2001-2002, le nombre de reprises de logement se chiffrait à 816. Avec la
crise du logement, les demandes de reprises se sont multipliées. Aujourd'hui,
elles sont encore trop nombreuses ; on dénombrait 1 210 demandes de reprises
en mars 2009.
    Quelle ne fut pas la surprise de Mme Rita Lafond de découvrir que le
logement qu'elle loue dans un sixplex depuis 11 ans est en fait un triplex.
Elle n'y croit toujours pas! Elle a fait cette découverte le jour où elle a
reçu un avis d'éviction de son logement pour transformation en cottage.
Finalement, la transformation en cottage est devenue une reprise de logement
et Mme Lafond n'a pas réussi à convaincre le Tribunal de la mauvaise foi du
locateur. N'empêche qu'elle a ses doutes. Les deux nouveaux propriétaires, le
père et le fils, ont acheté chacun un triplex. Le fils a acheté celui où
habite Mme Lafond et reprend deux logements au premier juillet, un pour lui et
l'autre pour sa mère. Son père, lui, n'a pas évincé personne; une locataire a
bien reçu un avis de transformation en cottage mais l'histoire s'arrête là.
Etrangement, dans cet autre triplex tous les logements seront vides au premier
juillet. Mme Lafond habite avec sa fille dans un 5 1/2 au coeur de la
Petite-Italie et paie 465$/mois. Or, les logements de trois chambres à coucher
coûtent en moyenne 752$ dans ce quartier.
    C'est grâce à l'ingéniosité et la vigilance d'une locataire du quartier
Centre-Sud que des locataires ont réussi à éviter l'éviction de leur immeuble.
En décembre 2008, le nouveau propriétaire de l'immeuble propose à Sonia
Keroack un dédommagement de trois mois de loyer si elle accepte de quitter son
logement car il désire y effectuer des réparations majeures. La locataire
commence à avoir des doutes sur la bonne foi du locateur lorsque ce dernier
refuse de discuter plus amplement des travaux à effectuer. Après avoir
contacté ses voisins, elle découvre que quatre d'entre eux ont reçus des avis
de reprise de logement. Unis et solidaires, les locataires ont pu convaincre
le Tribunal de la mauvaise foi du locateur et conserver du moins pour un temps
leur logement. Mme Keroack habite depuis 12 ans un 5 1/2 sur la rue Dorion et
paie un loyer mensuel de 615$. Un logement de trois chambres à coucher au
centre-ville de Montréal coûte 1 476$/mois.
    Le RCLALQ précise que la reprise de logement permet à un propriétaire,
s'il est de bonne foi, d'évincer unE locataire pour se loger lui-même ou pour
loger un ascendant direct, un descendant direct ou une personne dont il est le
principal soutien. En cas de reprise de logement de mauvaise foi, des recours
existent mais France Emond, du RCLALQ, précise que les délais pour obtenir une
audience découragent les locataires. D'ailleurs, il est difficile de faire la
preuve de la mauvaise foi lorsque tous les témoins sont déménagés au quatre
coins de la Ville. Le RCLALQ tient à souligner que les personnes délogées
éprouvent souvent des difficultés à retrouver un logement équivalent au même
prix dans le même quartier.
    Le fait de perdre son logement est une atteinte grave au principe du
droit au maintien dans les lieux. De plus, les indemnités accordées ne
compensent pas vraiment les inconvénients et préjudices subis par les
locataires. Le RCLALQ demande à la ministre des Affaires municipales, des
Régions et de l'Occupation du territoire, Mme Nathalie Normandeau, de modifier
le Code Civil du Québec afin que dans tous les cas de reprise, les locataires
aient droit automatiquement à trois mois de loyer en plus des frais liés au
déménagement et au branchement des services publics.
    Enfin, le RCLALQ demande à la ministre responsable d'interdire les
reprises de logement dans les villes où le taux d'inoccupation est inférieure
à 3%, et ce afin de mieux protéger le droit au maintien dans les lieux.




Renseignements :

Renseignements: France Emond, RCLALQ, (514) 521-7114, (514) 781-2220


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