83e congrès général annuel de l'UPA - Souveraineté alimentaire : vers un nouveau contrat social



    QUEBEC, le 5 déc. /CNW Telbec/ - Les délégués de l'UPA ont voté
unanimement aujourd'hui pour faire de la souveraineté alimentaire le fer de
lance d'un nouveau projet de contrat social qu'ils entendent promouvoir auprès
de leurs concitoyens et des gouvernements dans la foulée des travaux de la
Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois
(CAAAQ), dont le rapport est attendu au début de la prochaine année.
    "Les agriculteurs et les agricultrices sont en mode solution, a déclaré
le président de l'UPA, Laurent Pellerin. La mondialisation des marchés a
entraîné la mondialisation des problèmes. Les négociations de l'Organisation
mondiale du commerce (OMC) piétinent. Le moment est venu de trouver
collectivement des solutions justes et viables".
    "Si les règles de l'OMC devaient réduire les distorsions au commerce,
dans les faits, a-t-il renchéri, tous les pays du monde cherchent actuellement
à protéger leurs marchés agricoles et alimentaires, ce qui explique en bonne
partie l'impasse des négociations et fait ressortir la nécessité de proposer
une alternative concrète aux règles en vigueur. Si la plupart des pays le
font, alors pourquoi pas nous?"
    Selon lui, il y a place, dans le concert des nations, pour une exception
agricole comme la souveraineté alimentaire, à l'instar de ce qui s'est fait
dans le domaine de la culture, à l'UNESCO, avec l'adoption de la Convention
sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles
    Un nombre grandissant de citoyens, d'organisations de la société civile
et de leaders économiques, environnementaux et sociaux à travers le monde, y
compris au Québec, adhèrent déjà au concept de souveraineté alimentaire.
Rappelons la déclaration adoptée en ce sens par 45 organisations québécoises
de divers horizons le 7 septembre dernier, à Montréal, à l'occasion du premier
Rendez-vous québécois pour la souveraineté alimentaire, organisé conjointement
par la coalition G05, la Coop Fédérée et Equiterre.
    L'idée a, par ailleurs, été fréquemment évoquée comme élément de
convergence durant les audiences de la CAAAQ. "Nos concitoyens, de rappeler
Laurent Pellerin, veulent avoir accès à des produits du Québec, locaux et
régionaux, diversifiés, de qualité et à prix abordable. Ils souhaitent aussi
une agriculture qui les nourrit, qui cultive notre différence et qui contribue
au développement des régio ns".
    De fait, selon un récent sondage réalisé pour le compte de l'UPA, les
Québécois attachent beaucoup d'importance à l'origine des denrées qu'ils
consomment puisque 97 % d'entre eux sont favorables à l'identification
obligatoire de la provenance des produits alimentaires. Ils sont également
huit sur dix à croire que la production d'aliments locaux encourage les gens,
l'emploi et l'économie d'ici.
    "Les agriculteurs et les agricultrices tendent la main à l'ensemble de
leurs concitoyens, a-t-il conclu. La souveraineté alimentaire, c'est une
approche de gros bon sens qui confirme leur engagement à nourrir le Québec, à
maintenir et à développer de façon durable une agriculture qui nous rassemble,
tout en valorisant leurs outils collectifs qui s'appuient sur des valeurs
d'équité, de justice sociale et d'entraide, chères aux Québécois".
    Soulignons que le concept de souveraineté alimentaire endossé par les
délégués de l'UPA s'entend du droit des peuples à définir leur propre
politique alimentaire et agricole; à protéger et à réglementer leurs
productions et leurs échanges agricoles nationaux de manière à atteindre des
objectifs de développement durable; à déterminer leur degré d'autonomie
alimentaire et à éliminer le dumping sur leurs marchés.
    La souveraineté alimentaire ne va cependant pas à l'encontre du commerce
international dans la mesure où ce dernier est subordonné au droit des peuples
à une production agricole et alimentaire locale, saine et écologique, réalisée
dans des conditions équitables qui respectent le droit de tous les
partenaires, y compris les agriculteurs et les agricultrices, à des conditions
de travail et de rémunération décentes.




Renseignements :

Renseignements: Patrice Juneau, Conseiller aux affaires publiques, Union
des producteurs agricoles, (450) 679-0540, poste 8591, Cellulaire: (514)
702-8591; Source: Eliane Hamel, Directrice des communications, Union des
producteurs agricoles, (450) 679-0540, poste 8235


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