300 000 $ par an par emploi créé - Les subventions aux alumineries : des bénéfices qui ne sont pas à la hauteur



    MONTREAL, le 12 avril /CNW Telbec/ - Les subventions annoncées par le
gouvernement du Québec aux alumineries d'Alcan constituent une perte pour la
société québécoise. Cette erreur ne doit pas être répétée dans les
négociations avec Alcoa ou dans la renégociation des contrats à risques
partagés avec d'autres grands consommateurs d'électricité. Dans une Note
économique publiée par l'Institut économique de Montréal, deux professeurs au
département d'économique de l'Université Laval, Gérard Bélanger et Jean-Thomas
Bernard, concluent que "les ententes récentes dans le secteur de l'aluminium
et celles en préparation ne tiennent pas compte de la logique économique
élémentaire et vont nuire au développement économique du Québec pour les
décennies à venir, à moins que le gouvernement n'emprunte une autre voie".

    Les décrets

    En février dernier, deux décrets du gouvernement du Québec ont
officialisé l'importante subvention octroyée à Alcan dans le cadre de son
projet d'aluminerie au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour une création de
740 emplois, le gouvernement renonce, selon les deux chercheurs, à
2,7 milliards $ de recettes, en contrepartie d'un investissement par Alcan de
2 milliards $. De plus, un autre joueur important, Alcoa, a frappé et frappe
toujours à la porte du gouvernement pour obtenir de l'aide pour ses projets de
rénovation et d'expansion à ses usines de Deschambault et de Baie-Comeau.

    Un coût trop élevé pour la société québécoise

    Le coût total de la subvention à Alcan, pour le gouvernement, équivaut à
près de 300 000 $ par emploi par année durant 35 ans. Le coût véritable de
l'électricité octroyée découle du coût d'opportunité de cette électricité pour
l'Etat québécois. Le coût d'opportunité équivaut à la solution de rechange la
plus avantageuse. Dans le cas présent, c'est le prix à l'exportation qu'on
obtiendrait en vendant notre électricité sur le marché à nos voisins
américains.
    L'argument le plus utilisé pour justifier l'aide gouvernementale est
celui des retombées économiques. Les justifications apportées dans ce dossier
par les ministres Bachand et Corbeil procèdent de calculs truffés de double
comptage et qui négligent les alternatives. Il faut faire la même analyse pour
les solutions de rechange qui peuvent être considérées. Ainsi, le gouvernement
renonce à 2,7 milliards $ au minimum. Cette somme aurait pu être utilisée, par
exemple, pour améliorer le réseau routier québécois. C'est un projet
d'investissement qui pourrait générer davantage de retombées économiques
directes et indirectes que les 2 milliards $ d'Alcan.
    Toute dépense génère des retombées économiques, peu importe qui fait
l'investissement. Avec le dividende d'Hydro-Québec, le gouvernement pourrait
baisser le fardeau fiscal maintenant et dans le futur, ce qui permettrait à
une multitude d'investisseurs privés de créer des emplois tout aussi valables
que ceux promis par des entreprises subventionnées. Il est donc faux
d'affirmer que "l'électricité exportée ne crée pas d'emplois au Québec" comme
le soutient l'Association de l'aluminium du Canada.
    Le gouvernement du Québec compte sur diverses retombées économiques pour
combler l'écart considérable entre le prix de l'électricité payé par Alcan et
le coût d'opportunité relié à l'exportation. Le problème, c'est que les
négociateurs du gouvernement ne parviendront jamais à compenser cet écart par
les avantages consentis aux alumineries, puisque si le gouvernement se montre
trop exigeant sur le plan des retombées, ces alumineries iront s'établir là où
le prix de l'électricité et les autres conditions sont plus favorables qu'au
Québec, comme en Australie, en Islande, au Qatar ou en Afrique du Sud.
    Ces pays, qui peuvent produire de l'électricité à faible coût, doivent la
transformer en des produits exportables, comme l'aluminium, à cause de leur
éloignement des marchés d'exportation d'électricité. Ce n'est pas le cas du
Québec qui est entouré de régions où les prix de l'électricité sont deux à
trois fois plus élevés. Le Québec dispose d'un avantage d'emplacement par
rapport à ces pays. Il est beaucoup plus rentable d'exporter l'électricité
directement par les interconnexions qu'indirectement par des lingots
d'aluminium.

    Tirer parti d'un nouveau contexte

    Deux changements majeurs sont survenus au cours des dernières années. Il
y a d'abord l'accroissement des coûts de la construction des barrages sur des
rivières éloignées. L'ère du développement hydroélectrique à faible coût tire
donc à sa fin au Québec. L'autre changement a été l'ouverture du marché de
gros de l'électricité aux Etats-Unis en 1998. Hydro-Québec peut maintenant
vendre directement l'électricité au prix du marché.
    Si nous considérons le coût de développement des nouvelles sources
d'électricité au Québec ainsi que le marché de l'exportation, la vente de
l'électricité à faible prix aux alumineries constitue une perte pour la
société québécoise. La politique industrielle du gouvernement québécois ne
reflète pas encore cette nouvelle réalité.
    La Note économique Les subventions aux alumineries : des bénéfices qui ne
sont pas à la hauteur a été préparée par Gérard Bélanger et Jean-Thomas
Bernard, professeurs au département d'économique de l'Université Laval.
    La Note est disponible à www.iedm.org.

    L'IEDM est un institut indépendant, non partisan et sans but lucratif qui
participe aux débats sur les politiques publiques du Québec et du Canada en
proposant des solutions créatrices de richesse sur des questions de fiscalité,
de réglementation, de réforme du système de santé et d'éducation. Il publie
entre autres depuis 2000 le Bulletin des écoles secondaires du Québec et il a
remporté en 2004 l'un des Templeton Freedom Award for Institute Excellence
pour l'excellence de sa gestion et de ses relations publiques.




Renseignements :

Renseignements: et demandes d'entrevues : André Valiquette, Directeur
des communications, Institut économique de Montréal, (514) 273-0969, Cell.:
(514) 574-0969, avaliquette@iedm.org


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