État de la langue française à Montréal - Les études de l'OQLF sont un autre constat accablant : le temps est aux gestes efficaces

QUÉBEC, le 1er juin 2012 /CNW Telbec/ - « Les études publiées par l'Office québécois de la langue française (OQLF) sur la langue du commerce et des affaires le confirment encore une fois, la loi 101 n'est pas respectée. Le régime libéral peut bien faire appel à son ami Luc Ouellet à coup de milliers de dollars pour tenter de faire avaler la pilule et faire dire aux chiffres ce qu'ils ne disent pas en matière d'affichage et de langue du commerce, le français recule, l'anglais avance et le bilinguisme institutionnel s'implante fortement. »

C'est ce qu'a déclaré aujourd'hui le député de Drummond et porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, Yves-François Blanchet, après avoir pris connaissance des conclusions des cinq études dévoilées aujourd'hui par l'OQLF.

UNE SITUATION TRÈS PRÉOCCUPANTE
Ces études révèlent qu'en 2012 18 % des commerces n'affichent pas un nom d'entreprise conforme aux dispositions de la Charte de la langue française au centre-ville de Montréal. On apprend également que parmi les entreprises qui dérogent à la loi, 63 % d'entre elles affichent des marques de commerce sans générique ou slogan en français seulement. En 2010, 89 % des commerces du centre-ville de Montréal accueillaient leurs clients en français. Cette proportion glisse, deux ans plus tard, à 74 %. Bref, pour la langue d'affichage sur l'ensemble de l'île de Montréal, 28 % des commerces contreviennent à la loi.

« Près d'un commerce sur cinq ne respecte pas les dispositions actuelles de la charte en matière d'affichage. C'est énorme. De même, il est particulièrement inquiétant de constater que l'accueil bilingue progresse massivement au détriment du français et que dans un commerce sur vingt, on est incapable de s'adresser aux clients en français. L'ampleur de ce recul en seulement deux ans laisse pantois », a poursuivi Yves-François Blanchet.

LES IMPACTS SUR LA LANGUE DE TRAVAIL
Cet autre recul de la langue d'accueil et du service a un impact direct sur la langue de travail, fait remarquer le député de Drummond. « Cela signifie donc que dans ces commerces, la langue de travail n'est pas le français. Cela veut dire qu'on exige sciemment la maîtrise de l'anglais aux employés. Cet encouragement anglicise Montréal parce que c'est la préférence personnelle du patron. On n'a pas besoin d'études pour comprendre ça! », a poursuivi le député de Drummond, qui se questionne sur la décision de l'OQLF de retarder à l'automne la publication des études sur la langue de travail.

UN GOUVERNEMENT QUI NE S'INTÉRESSE PAS AU FRANÇAIS
Pour le Parti Québécois, ces études démontrent que rien n'a été fait ou rien n'a été réussi pour corriger la situation. « La ministre Christine St-Pierre n'a pas la volonté ou la permission de son chef pour faire appliquer la loi 101. Le régime libéral met plus de temps, d'efforts et d'argent pour maquiller un constat troublant que pour régler ce que l'OQLF confirme et que nous savions tous. Il aura fallu cinq ans pour admettre du bout des lèvres un recul du français au Québec et à Montréal en particulier. On a eu droit à une campagne publicitaire et à des bonis en subventions aux entreprises qui n'ont pas daigné respecter notre langue depuis des années », a dénoncé Yves-François Blanchet.

« On pourrait commander et attendre des rapports encore pour des années, mettre notre argent là-dedans plutôt que sur le terrain et engager les amis du premier ministre pour que leur inaction complice paraisse le moins possible. À terme, ça va nous coûter notre langue », a-t-il ajouté.

RESTAURER, RÉÉCRIRE ET APPLIQUER ENFIN LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE
Pour le Parti Québécois, la nécessité de réécrire la Charte de la langue française n'est plus à démontrer. « Impérativement, il faut d'abord faire respecter la charte. C'est un minimum, mais le régime libéral est incapable de le faire pour des raisons politiques. De plus, pour contribuer à franciser la langue du commerce, il faut l'étendre aux entreprises de 11 à 49 employés. Par ailleurs, l'avenir français de Montréal passe nécessairement par des politiques efficaces d'intégration et de francisation des immigrants, ce qui n'est pas le cas actuellement, a rappelé le porte-parole. Nous devons donner le goût d'un Québec français à tous les Québécois, mais pour y arriver, il faut commencer par montrer notre détermination et nous respecter nous-mêmes », a conclu Yves-François Blanchet.

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Source :
Direction des communications de l'aile parlementaire du Parti Québécois

Renseignements :
Éric Gamache
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