• February 5, 2010 3:07 PM
  • - General
  • - Labour Relations
  • - Education
  • - Labour/Trade Unions

La révision du calendrier scolaire: une proposition inacceptable pour la Fédération autonome de l'enseignement

MONTRÉAL, le 5 févr. /CNW Telbec/ - La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) dénonce vigoureusement l'intention de la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, de modifier le calendrier pédagogique en calculant l'année scolaire en nombre d'heures plutôt qu'en nombre de journées. Le projet de règlement, inscrit cette semaine à la Gazette officielle, doit entrer en vigueur, s'il est adopté, le 1er juillet prochain. Sous prétexte d'accorder davantage de flexibilité aux institutions pour les aider à lutter contre le décrochage scolaire, le projet de la ministre Courchesne aura pour effet d'étendre les jours de classe, même les fins de semaine.

La ministre semble confondre les différentes responsabilités qui lui
      incombent. Qui parle? La ministre du Sport et du Loisir ou la ministre
      de l'Éducation? Si la ministre du Sport et du Loisir veut permettre
      l'organisation d'activités sportives ou culturelles les fins de semaine
      avec les élèves, qu'elle fasse appel aux intervenants spécialisés en ce
      domaine. Mais pas question de permettre la dérive de la mission
      éducative de l'école et dont la responsabilité appartient aux
      enseignantes et enseignants. Si madame Courchesne a oublié qu'elle
      était aussi ministre de l'Éducation, nous allons lui rappeler. Veut-on
      faire du calendrier scolaire un fourre-tout et faire éclater la
      finalité de l'école qui est d'instruire et de transmettre des
      connaissances? Veut-on attacher les profs sept jours sur sept à leur
      tâche déjà surchargée? Je n'ai qu'un mot, c'est "odieux", précise le
      président de la FAE, Pierre St-Germain.

Des profs en colère

Le personnel enseignant n'a pas tardé à exprimer sa colère à l'égard de ce projet et de l'ensemble des propositions gouvernementales actuellement négociées en vue du renouvellement de la convention collective. En Outaouais, alors que la ministre Courchesne effectuait aujourd'hui une tournée dans deux écoles secondaires, les enseignantes et enseignants ont opposé une fin de non-recevoir au projet ministériel. Ils ont aussi exprimé clairement leur dégoût quant aux dernières offres patronales qui traduisent un mépris à leur endroit, qui alourdissent la tâche et qui font fi de leurs besoins réels.

Nos profs sont épuisés et on ne cesse de le dire. La ministre ne pourra
      pas dire qu'elle n'en sait rien, on a eu l'occasion de lui exprimer
      directement. J'espère que sa tournée lui permettra de comprendre que ce
      projet de calendrier est perçu comme une gifle par les enseignantes et
      enseignants au même titre que les offres patronales, a indiqué le
      président du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Gaston Audet.

Des profs mobilisés

La FAE croit que ce projet de modification du calendrier scolaire survient à un moment stratégique pour le gouvernement. Dans le cadre des présentes négociations, il cherche à limiter de plus en plus l'autonomie du personnel enseignant, à précariser davantage les emplois et à adapter l'école aux besoins des entreprises plutôt que de chercher à donner des conditions décentes aux profs leur permettant d'enseigner convenablement avec des ressources adéquates.

Le gouvernement n'aura réussi qu'à mobiliser davantage les enseignantes
      et enseignants par cette annonce. On nous demande de négocier de
      manière transparente, ce que nous faisons de manière responsable.
      Pourtant, au même moment, la ministre s'empresse de déposer un projet
      de règlement modifiant des éléments au coeur des pourparlers qui ont
      cours aux tables de négociation. On se sent littéralement méprisé par
      ce manque de respect envers celles et ceux qui s'engagent
      quotidiennement à offrir une éducation de qualité dans des conditions
      pitoyables. Ne soyez pas étonnés alors de voir les profs exprimer
      fortement leur désapprobation face au dépôt patronal, de conclure le
      président de la FAE, Pierre St-Germain.

La FAE regroupe neuf syndicats de l'enseignement qui représentent quelque 30 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes ainsi que le personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre académique Fournier.

Renseignements: Armand Dubois, conseiller au Service des communications, Bureau: (514) 666-7763, poste 296, Cellulaire: (514) 910-1754; Source: Fédération autonome de l'enseignement