QUEBEC, le 20 fév. /CNW Telbec/ - Le budget déposé aujourd'hui par le
ministre Michel Audet est rempli d'omissions et de silences qui n'ont qu'un
seul objectif : servir à l'électorat québécois une sorte de sérénade
électoraliste sur les services publics et leur financement. "La population ne
doit pas se laisser berner par les manoeuvres budgétaires du gouvernement
libéral puisque, à terme, ses objectifs restent les mêmes : faire porter une
plus grande part du fardeau fiscal sur les épaules des particuliers, réduire
celui des entreprises et poursuivre en douce son démantèlement des services
publics", affirme Gilles Dussault, président du Syndicat de professionnelles
et de professionnels du gouvernement du Québec.
En effet, en termes nets, seule la part des revenus de l'Etat provenant
de l'impôt des sociétés va diminuer en 2007-2008. Toutes les charges reposant
sur les épaules des particuliers, soit les impôts sur le revenu, les
cotisations au fonds des services de santé et les taxes à la consommation vont
augmenter (page C.13 du plan budgétaire 2007-2008). Il est donc faux de
prétendre que le fardeau fiscal des Québécoises et des Québécois va diminuer
en 2007-2008. Depuis cinq ans, notons que la hausse des tarifs en tout genre
(électricité, services de garde, etc.) a été trois fois plus importante que la
réduction des charges fiscales. La population laborieuse y a nettement perdu
au change.
Le ministre Audet se réclame d'une gestion responsable des finances
publiques. Il présente le règlement de l'équité salariale comme une de ses
grandes réalisations alors que ce règlement a privé les femmes de centaines de
millions de dollars par l'étalement des correctifs salariaux sur six ans au
lieu de quatre, tel que le prévoit la Loi sur l'équité salariale. Les finances
publiques ont aussi été gérées au moyen de l'adoption d'une loi spéciale
imposant aux quelque 500 000 travailleuses et travailleurs de l'Etat un gel
salarial de 33 mois. L'argent puisé dans les poches du personnel syndiqué n'a
pourtant pas été utilisé à des usages sociaux puisque les services publics
n'ont cessé de se détériorer depuis quatre ans.
Le budget Audet n'annonce rien de bon pour les services publics. En
accordant seulement 165M$ aux ministères et organismes, l'étau budgétaire se
resserre sur des budgets déjà très à l'étroit depuis quatre ans. Cette somme
ne représente qu'une augmentation de 1 %, alors que les ministères et
organismes devront absorber les augmentations de salaire de leurs employés
(2 % au 1er avril 2007), les hausses de traitement dues à l'équité salariale
et à l'inflation. Manifestement, les réinvestissements nécessaires pour
freiner la dégradation des services publics ne sont pas au rendez-vous. Dans
la fonction publique, la politique de maintenir l'embauche à 50 % des départs
n'est pas remise en question. "Au cours de la prochaine élection, nous
estimons qu'il est important que les candidates et les candidats s'engagent à
mettre fin à la dégradation des services publics", a indiqué monsieur Gilles
Dussault.
Dans une tournée toujours en cours dans une douzaine de villes
québécoises, organisée par le Secrétariat intersyndical des services publics
(SISP), le SPGQ dresse un constat qui est partout le même : sous-financement
et manque de ressources qui affectent la qualité des services à la population,
privatisation des services, perte d'expertise publique, difficultés
d'attraction des jeunes et de rétention des personnes à la veille de leur
retraite, départ des effectifs des services publics québécois vers d'autres
employeurs (fédéral, municipal, autres provinces, secteur privé), qui leur
offrent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Nous
sommes au seuil d'une crise dans les services publics au Québec, crise qui
aura été causée par les politiques du gouvernement Charest et par son parti
pris pour les mieux nantis de notre société.
Pour le SPGQ, "le véritable enjeu de la campagne électorale est l'avenir
des services publics. Or, pour offrir des services publics de qualité, il faut
respecter les femmes et les hommes qui y travaillent et leur offrir des
conditions de travail décentes et compétitives", a conclu le président Gilles
Dussault.
Le SPGQ est le plus grand syndicat de professionnelles et professionnels
du Québec. Il représente près de 19 000 personnes de la fonction publique, des
sociétés d'Etat, des réseaux de l'éducation et de la santé du Québec,
rattachées à 35 unités de négociation.
Renseignements: André Lortie, relations de presse, SPGQ, (514) 798-4608,
cellulaire: (514) 213-4192