• April 10, 2008 4:39 PM
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IRIS: Le rapport Montmarquette ne tient pas compte des effets sociaux de la tarification


    MONTREAL, le 10 avril /CNW Telbec/ - Selon l'Institut de recherche et
d'informations socio-économiques (IRIS) les mesures proposées dans le rapport
du Groupe de travail sur la tarification des services publics, publié
aujourd'hui, ne tiennent pas en compte les effets sociaux néfastes de la
tarification régressive. De plus, les propositions du groupe de travail
négligent de prendre en compte la répercussion de l'augmentation de tous ces
tarifs sur le coût de la vie en général et son effet sur l'inflation.
    "L'augmentation des droits de scolarité à l'université, proposée dans ce
rapport, ne considère pas des avantages liés à la faible tarification de
l'éducation postsecondaire. En effet, c'est au Québec que le taux de
fréquentation postsecondaire est le plus haut au Canada, à 69,3 %, soit 10 %
de plus que l'ensemble des autres provinces au pays. Les hauts frais de
scolarité ont un fort effet dissuasif sur les étudiants en provenance de
milieux défavorisés. On remarque la même chose au niveau des CPE, où augmenter
les tarifs nie les bienfaits d'un régime universel pour l'ensemble de la
population" a affirmé Philippe Hurteau, chercheur à l'IRIS et co-auteur d'une
étude sur les frais de scolarité.
    Le rapport propose aussi la mise en place de compteurs d'eau pour tous
les utilisateurs. En premier lieu, le rapport ne met pas en lumière la
disproportion entre la consommation des entreprises et celle des particuliers.
De plus, l'installation de ces compteurs représente un coût si important qu'il
faudrait imposer une tarification très élevée pour la compenser.
    Les tarifs d'électricité actuels permettent de rencontrer l'ensemble des
coûts de production, de transport et de distribution d'électricité et
accordent même un rendement à l'actionnaire, le gouvernement du Québec.
    "Il suffit simplement d'ajuster la structure tarifaire pour faire payer
plus cher pour la surconsommation et le gaspillage et moins cher pour les
besoins de base. Ce faisant, on évite d'occasionner un transfert de richesse
vers les mieux nantis comme le ferait la proposition du rapport Montmarquette.
Le rapport évacue aussi commodément la question des grands consommateurs
industriels, lesquels bénéficient des tarifs les plus bas par rapport à leurs
coûts marginaux. " remarque Martin Poirier, chercheur à l'IRIS spécialisé dans
le domaine de l'énergie.
    Enfin, l'ensemble du rapport ne tient même pas compte de l'effet cumulé
de ses mesures sur l'économie québécoise. En effet, il est pourtant évident
qu'en augmentant, entre autres, le prix de l'eau, de l'énergie et du transport
routier, c'est l'ensemble des prix qui subira une importante montée. Cette
proposition paraît d'autant plus surprenante qu'elle est formulée dans un
contexte de ralentissement économique.

    L'IRIS, un institut de recherche sans but lucratif, indépendant et
progressiste, a été fondé à l'automne 2000. L'institut produit des recherches,
des brochures et des dépliants sur les grands enjeux socio-économiques de
l'heure (fiscalité, pauvreté, mondialisation, privatisations, etc.).



Renseignements: Bertrand Schepper-Valiquette, (514) 206-6733