• November 6, 2008 5:30 PM
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Lancement de campagne de Jean Charest à Sherbrooke - Des femmes responsables d'un service de garde dénoncent "les économies d'abord" faites sur leur dos depuis 2003


    SHERBROOKE, QC, le 6 nov. /CNW Telbec/ - Une cinquantaine de femmes
responsables d'un service de garde (RSG) en milieu familial de l'Estrie ont
profité du lancement de campagne de Jean Charest dans sa circonscription pour
tenir aujourd'hui une manifestation réclamant du premier ministre des excuses
et l'assurance qu'il n'ira pas en appel pour contester le jugement invalidant
la loi 8.
    Organisée par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération
des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) et l'Alliance des
intervenantes en milieu familial (ADIM-CSQ), la manifestation fait suite au
jugement rendu le 31 octobre dernier par la Cour supérieure du Québec
invalidant la loi 8 qui retirait aux RSG leur droit à la syndicalisation.

    Une arrogance que 15 000 femmes n'ont pas oubliée

    La vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot, a profité de l'événement
pour répéter au premier ministre Jean Charest que 15 000 femmes RSG attendent
toujours ses excuses pour ce que son gouvernement leur a fait subir depuis
2003.
    "Ce n'est pas parce que Jean Charest essaie de faire oublier l'arrogance
avec laquelle il a dirigé le Québec lors de son premier mandat que ces femmes
ont oublié qu'il leur a retiré des droits fondamentaux, dont le droit à la
syndicalisation, en faisant adopter en pleine nuit et sous le bâillon la loi 8
en décembre 2003. Elles s'en souviennent parce que depuis ce temps, elles
travaillent sans relâche 60 heures par semaine sans avoir droit à aucune des
lois de protection sociale qui protègent tout autre travailleur au Québec",
dénonce Mme Chabot.

    L'économie d'abord "sur le dos des femmes", NON

    Mme Louise Chabot juge ironique que Jean Charest demande aujourd'hui un
nouveau mandat en faisant campagne sous le thème "L'économie d'abord", parce
que c'est justement en pensant aux "économies que son gouvernement ferait
d'abord" sur leur dos qu'il n'a pas hésité à bafouer les droits de ces femmes
qui gagnent moins de 15 000 $ par année.
    "Le moins qu'on puisse dire, c'est que nous avons peur lorsque nous
entendons le premier ministre dire qu'il veut diriger le Québec en pensant à
l'économie d'abord. Les femmes RSG savent mieux que quiconque ce que cela veut
dire parce qu'elles en paient le prix depuis cinq ans. En effet, la juge
Danielle Grenier de la Cour supérieure du Québec, en rendant son jugement sur
la loi 8, n'a pas hésité à dire que ces femmes ont été exploitées par le
gouvernement qui les a utilisées pour financer le réseau des services de garde
en milieu familial", soutient la vice-présidente de la CSQ.

    Un recours en appel qui doit être écarté

    Pour sa part, la présidente de la FIPEQ-CSQ, Mme Sylvie Tonnelier,
renchérit en soutenant que Jean Charest doit rapidement s'excuser et rassurer
les 15 000 femmes RSG quant à ses intentions pour la suite des choses.
    "Nous espérons maintenant que le gouvernement ne commettra pas l'odieux
d'aller en appel sur la décision rendue en Cour supérieure du Québec.
L'injustice a duré assez longtemps et Jean Charest doit rapidement confirmer
qu'il n'entend pas pousser plus loin l'acharnement dans ce dossier", argumente
Mme Tonnelier.

    Le temps de la solidarité pour les RSG

    De son côté, la vice-présidente de l'ADIM-Estrie, Mme Janick Dubé,
encourage l'ensemble des RSG de la région de l'Estrie à se prévaloir
pleinement de leurs droits retrouvés.
    "Le combat que nous avons mené au cours des dernières années, grâce au
soutien de la CSQ et de la FIPEQ-CSQ, ne fait que donner encore plus de valeur
à ce droit à la syndicalisation qu'on a voulu nous retirer. Aujourd'hui,
j'encourage toutes mes consoeurs de l'Estrie à joindre les rangs de l'ADIM-CSQ
de leur région pour qu'ensemble nous puissions poursuivre la lutte pour la
reconnaissance et la défense de nos droits qui est bien amorcée", lance Mme
Dubé.
    En terminant, les porte-parole de la CSQ, de la FIPEQ-CSQ et de
l'ADIM-CSQ entendent talonner le premier ministre le temps qu'il faudra au
cours de cette campagne électorale pour obtenir des excuses et l'assurance que
les droits des 15 000 femmes RSG seront désormais respectés.
    Rappelons que Québec solidaire et le Parti Québécois ont donné leur appui
au RSG et se sont engagés à ne pas en appeler de la décision s'ils formaient
le gouvernement.

    Profil de la CSQ et de la FIPEQ :

    La Centrale des syndicats du Québec représente près de 160 000 membres,
dont plus de 3 000 oeuvrant en services de garde, membres de la Fédération des
intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ).



Renseignements: Claude Girard, Agent d'information CSQ, Cell.: (514)
237-4432