MONTREAL, le 1er fév. /CNW Telbec/ - En réaction à la présentation du
ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Philippe Couillard, la
Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec - FIQ considère que le
gouvernement du Québec a présenté une politique industrielle et non une réelle
politique du médicament. "En février 2005, la Fédération avait mentionné au
ministre Couillard, lors de la consultation sur cette même politique, que
cette dernière faisait abstraction d'une vision axée sur la santé publique et
qu'elle semblait plutôt soutenir l'industrie du médicament d'origine. Près
d'un an plus tard et suite à un survol de la politique présentée ce matin,
nous arrivons au même constat", de déclarer Lina Bonamie, présidente de la
FIQ.
A l'avantage des entreprises pharmaceutiques
Pour la Fédération, il ne fait aucun doute que cette politique aura comme
effet de mettre davantage de dollars dans les poches des entreprises
pharmaceutiques. "Le gouvernement semble inquiet de la prospérité économique
des entreprises pharmaceutiques. Pourtant, elles ne semblent pas en danger
puisque leurs profits ne cessent d'augmenter et ce même si les prix des
médicaments sont gelés depuis 1994. Pourquoi? Parce que la consommation de
médicaments n'a cessé d'augmenter au cours des dernières années ce qui a
largement compensé ce gel. Donc, pourquoi ce dégel si ce n'est que pour
permettre des profits encore plus grands pour ces entreprises?", questionne
madame Bonamie.
Egalement, le ministre Couillard mentionne que l'impact financier de
cette politique du médicament sera de 14,6 millions de dollars. La Fédération
constate que la facture risque d'être refilée aux usagers du Régime général
d'assurance médicaments ainsi qu'à l'ensemble des contribuables qui financent
le système de santé via leurs impôts.
De plus, la Fédération estime que le gouvernement du Québec aurait dû
abolir la règle des 15 ans. "Le Québec est la seule province à avoir une telle
politique. Ainsi, en ajoutant les 20 ans de protection accordés aux brevets
pharmaceutiques, cela veut dire que l'on élimine la concurrence pour une
période de 35 ans. S'il n'y a pas de concurrence, il devient donc impossible
de voir ces compagnies pharmaceutiques baisser leurs prix", poursuit la
présidente.
Quelques bonnes nouvelles
L'annonce d'étendre la gratuité des médicaments aux personnes assistées
sociales ainsi qu'aux personnes âgées qui reçoivent au moins 94% du supplément
de revenu garanti réjouit la FIQ. "C'est une bonne nouvelle pour ces personnes
mais nous aurions désiré que le gouvernement du Québec l'accorde à toutes les
personnes ayant un revenu en dessous du seuil de pauvreté soit, 12 000 $",
souligne madame Bonamie.
L'autre bonne nouvelle est la mise en place d'un service complémentaire
"info-médicaments". "Les personnes auront au moins un service rapide leur
permettant d'obtenir des renseignements sur leur prise de médicaments. Cela
aura certainement des effets bénéfiques puisque nous savons déjà qu'un bon
nombre de personnes se retrouvent à l'hôpital dû à une mauvaise consommation
de médicaments", de conclure la présidente.
Profil de la FIQ
Le 1er décembre 2006, la Fédération des infirmières et infirmiers du
Québec (FIIQ) a adopté un nouveau nom soit, la Fédération interprofessionnelle
de la santé du Québec (FIQ). La FIQ représente 57 000 professionnelles en
soins infirmiers et cardiorespiratoires.
Renseignements: Sandra Gagné, conseillère aux communications, FIQ, (514)
796-5093