Il n'existe pas de solution unique pour maximiser la présence et le potentiel des femmes dans la recherche universitaire, conclut le comité d'experts

OTTAWA, le 21 nov. 2012 /CNW/ - Une évaluation exhaustive, faisant autorité, du statut des femmes dans la recherche universitaire révèle que, bien que la représentation des femmes aux postes de recherche universitaire ait progressé de manière notable, des défis persistent toujours à ce titre et le passage du temps ne suffira pas à assurer une parité hommes-femmes dans ce milieu.

Un rapport récemment publié par le Conseil des académies canadiennes (CAC), intitulé Renforcer la capacité de recherche du Canada : La dimension de genre, présente une évaluation des facteurs qui influencent les parcours de carrière des femmes dans le milieu de la recherche universitaire. Cette évaluation avait été commandée à l'automne 2010 par le ministre de l'Industrie considérant l'absence notable de candidatures féminines au prestigieux programme des Chaires d'excellence en recherche du Canada.

Pour donner suite à cette demande, le CAC a mis sur pied un comité composé de 15 experts canadiens et étrangers de diverses disciplines qui s'est réuni plusieurs fois au cours d'une période d'approximativement 18 mois. Ce comité était présidé par Lorna R. Marsden, professeure et présidente émérite de l'Université York, de Toronto. Le comité avait comme tâche de dresser un portrait du statut de la femme dans la recherche universitaire et, pour ce faire, il s'est appuyé sur un modèle basé sur le parcours de vie des femmes, ce qui leur a permis d'examiner les principaux facteurs qui influencent les parcours de carrière depuis l'enfance jusqu'à différents stades de carrière, en passant par le passage à l'école postsecondaire.

« Il n'existe pas de solution unique pour remédier à la sous-représentation des femmes aux échelons les plus élevés de la hiérarchie de la recherche universitaire. Le problème est en soi pluridimensionnel. Il est lié à des facteurs et à des contextes sociaux, culturels, économiques, institutionnels et politiques », signale Lorna R. Marsden, présidente du comité. « L'accès des femmes aux postes universitaires s'est accru depuis les années 1970 et il faut s'en féliciter, mais s'il faut se référer aux données établissant une représentation très variable des femmes selon la discipline et l'échelon considérés, il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir. »

Le comité d'experts a constitué une base de données pour établir un profil statistique des chercheuses canadiennes. Voici les principaux constats qu'il a tirés de ce profil :

  • En général, le profil canadien ressemble à celui des autres pays économiquement avancés.
  • La progression des emplois féminins au sein des universités canadiennes est inégale et varie selon la discipline et le rang.
  • Plus le rang est élevé, plus le pourcentage de femmes est inférieur à celui des hommes.

Le comité a également cerné les principaux facteurs qui influencent les multiples trajectoires de carrière des femmes. Ces facteurs agissent dès les premières années de vie, en commençant par les stéréotypes qui définissent les rôles et les attentes généralement attribués aux femmes. De plus, les femmes sont mal informées par rapport aux exigences liées aux carrières qui s'ouvrent à elles et ont peu de modèles et de mentors qui puissent les motiver et les guider. Ces questions ainsi que la structure rigide des postes menant à une permanence, les défis associés à la conciliation du travail rémunéré et de la vie familiale et l'importance accrue du soutien et de la coordination entre les gouvernements et les établissements, doivent être examinés si le Canada souhaite parvenir à une représentation plus équilibrée des sexes dans les postes universitaires.

Elizabeth Dowdeswell, présidente du Conseil des académies canadiennes, indique que « bien que le comité ait dû composer avec des données limitées sur certains aspects, il a été en mesure de cerner les principaux facteurs qui influencent les parcours de carrière des femmes dans le milieu de la recherche universitaire. À partir des informations dont nous disposons maintenant, une réflexion éclairée pourra être amorcée au Canada concernant les défis persistants qui empêchent les chercheuses de maximiser leur présence et leurs possibilités dans toutes les disciplines et à tous les échelons. »

Pour plus de renseignements ou pour télécharger un exemplaire gratuit du rapport d'évaluation, visitez le site www.sciencepourlepublic.ca.

Le Conseil des académies canadiennes

Le Conseil des académies canadiennes (CAC) est un organisme indépendant à but non lucratif qui a été mis sur pied en 2005. Le CAC soutient des évaluations scientifiques indépendantes qui alimentent l'élaboration de politiques publiques au Canada. Ces évaluations sont menées par des comités pluridisciplinaires indépendants formés d'éminents experts de toutes les régions du Canada ainsi que de l'étranger, qui participent bénévolement aux travaux des comités du CAC. Plusieurs d'entre eux sont membres des académies du CAC - la Société royale du Canada, l'Académie canadienne du génie et l'Académie canadienne des sciences de la santé. Le CAC a pour mission d'être la voix de confiance du Canada en matière scientifique pour le bien public. Pour de plus amples renseignements, voir le site www.sciencepourlepublic.ca.

SOURCE : Conseil des académies canadiennes

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